Évocations Quatre artistes exposent à L’espace contemporain galerie d’art

Évocations

Quatre artistes exposent à L’espace contemporain galerie d’art

 

L’espace contemporain galerie d’art du 313, rue Saint-Jean,  présentera du 28 mars au 2 avril, Évocations, une exposition qui présentera des oeuvres de Ghislain Bédard, Carole Hamann, Michelle Lefebvre et Armelle Pépin.. Le vernissage aura lieu vendredi 31 mars de 17h à 19h. Vous y êtes cordialement invités.

Peindre fait remonter à la surface des images surgies d’un espace enfoui en soi, d’un territoire intérieur souvent inconnu ou méconnu. D’où viennent ces formes qui apparaissent soudain, mues par la couleur d’un émoi? Créer a ce grand pouvoir d’évocation. Pour nous, l’évocation relève d’abord du souvenir, du senti, des impressions liés à un moment furtif vécu et aux émotions qui y sont rattachées. Ces élans intimes peuvent ensuite ouvrir des voies singulières, dévoiler des paysages intérieurs, engendrer des mondes parallèles, porteurs d’un imaginaire étonnant. Et les rendre présents sur toile.

Devant ces tableaux éclos, l’espace demeure ouvert. Le bagage de chaque personne étant unique, l’interprétation en est aussi personnelle. Aussi, dans le cadre de cette exposition, nous souhaitons faire appel à l’expérience du visiteur en l’amenant à pénétrer les œuvres, à laisser agir ses émotions, à s’approprier ce que fait naître en lui l’évocation d’un moment, d’un lieu, d’un souvenir. Pénétrer une œuvre est un voyage, une invitation à explorer son propre univers, peut être très différent de celui de l’artiste.

Cette exposition veut aussi rendre hommage à une amie artiste, Carole Hamann, partie trop tôt le 20 février, qui présente ses tableaux avec nous. Ces visions toutes personnelles de sa vie évoquent quantité d’émotions.

Carole Hamann, artiste peintre et photographe, retourne sur les bancs de l’école à 37 ans pour assouvir son intérêt pour les arts. Elle entre au collégial en design d’intérieur, puis entreprend ensuite un baccalauréat en arts visuels. Dans ce parcours, c’est la sculpture sur pierre qui la happe et la motive. Elle aime ce matériau et sa texture. Même si la pierre autant que le marbre ou la stéatite sont des matériaux difficiles à apprivoiser, ils laissent une trace dans l’espace, et cette dimension de durée lui plaît beaucoup. Des années plus tard, c’est ce que l’on retrouve toujours dans sa peinture : elle peint le roc, l’eau, la nature brute et travaille avec le couteau. Cette technique artistique demeure très polyvalente : elle l’utilise de la même manière que la sculpture. Elle privilégie une section, un trait, une masse… une trace!

Pour Michelle Lefebvre, traduire les émotions par les postures du corps exige des recherches préparatoires formelles. Homme ou femme, l’attitude du corps des personnages en scène viennent figer un moment fugitif d’expression d’émotions. La création de l’environnement dans lequel s’incarne le personnage sert le propos et vient ancrer l’action ou le geste tout en laissant libre cours à l’imagination du spectateur. On touche ici non seulement à la nudité proprement dite mais surtout aux émotions mises à nu dans la réalité crue de la posture du corps. Il arrive souvent que les teintes du corps se confondent à celles du fond, ce qui les rend fantomatiques dans leur environnement; peut-on douter de l’existence de ces émotions fugitives, de ces moments enfouis profondément dans notre inconscient? Michelle cherche à recréer ces instants, à les rendre conscients, à traduire une ambiance intime dans un espace-temps parallèle au moment présent.

Il y a quelques années, Armelle Pépin entreprend une recherche personnelle vers l’expression de l’émotion intérieure. Le pastel sec et l’acrylique l’attirent. Elle souhaite alors donner libre cours aux images qui l’habitent et son travail au pinceau et à la spatule lui permet d’exprimer son ressenti intérieur. La couleur, la ligne, la tache deviennent l’expression même de ce qu’elle est. Elles prennent forme pour laisser sur la toile cette empreinte qui vient de l’inconscient qu’elle appelle « Le Plus Vaste », porte qui s’ouvre sur un monde de créativité sans fin. Pour elle, chaque toile représente un état d’être manifesté dans l’inconscient, une émotion qui émerge au fur et à mesure que la toile avance. Ces paysages sans noms ou ces abstractions qui surgissent se veulent un cheminement vers ce monde d’émotions permettant au spectateur de voyager dans son propre univers. Par ses créations, elle souhaite l’amener quelques instants à se connecter à ses propres états d’âme.

Quant à Ghislain Bédard, il s’intéresse à l’art et aux livres depuis toujours: les mots, l’écriture, la reliure, le dessin, le graphisme, etc. exercent sur lui une nette fascination. Il a d’ailleurs fait ses études en littérature (baccalauréat et maîtrise). Ce n’est que plus tard qu’il ose toucher aux arts visuels. Par ses œuvres peintes, comme par ses dessins, il propose une organisation de la vie et du sens basée sur l’harmonie et la beauté. Pour lui, créer, dessiner, peindre sont des démarches qui invitent à la réflexion, à l’intériorisation et à la méditation. Sa sensibilité fait état d’une exploration en profondeur des couleurs intérieures et rend compte d’un souci esthétique et poétique qui renvoie à une dimension autre, au silence, au mystère en soi et au-delà de soi. Il souhaite ainsi créer des ponts entre les choses visibles et invisibles.

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